Les assureurs doivent prendre le virage de la prévention connectée

Les assureurs doivent prendre le virage de la prévention connectée

Depuis 1995, les assureurs se sont engagés auprès de l'État à mener des actions de prévention routière. Sensibilisation dans les écoles, conseils pratiques en vidéos et plus récemment applications smartphone doivent faire diminuer le nombre d'accidents de la route... et le coût des sinistres. Dans le cadre d'une convention signée avec l'État, la FFSA (Fédération Française des Sociétés d'Assurances) et le GEMA (Groupement des Entreprises Mutuelles d'Assurance) s'engagent à mettre en œuvre des outils de promotion de la sécurité routière auprès du grand public, dont la prévention connectée. Les assureurs doivent affecter à ces actions au moins 0,5% du montant des cotisations de responsabilité automobile perçues. Pour cela, certains se sont dotés d’une structure spécifique c'est le cas de zerotracas de MMA (zerotracas TV), l'association Maif prévention ou Axa prévention.

Lutte contre l'alcool au volant, contre les accidents de deux-roues, soutien aux activités éducatives et accompagnement des jeunes conducteurs et des seniors sont les principales actions menées, selon la convention signée en 2010.  

Au-delà de la prévention routière classique, la révolution numérique qui touche le secteur fait fortement évoluer la nature de la prévention. Sites Internet spécialisés, applications smartphones, conduite connectée grâce à un boîtier installé dans le véhicule…Les exemples sont très nombreux. Allianz, en partenariat avec l'Association Prévention Routière, propose l'application smartphone pour enfants "En route avec Antoine et Zélie". Elle permet de divertir les plus jeunes en les sensibilisant aux risques de la route. Toujours sur téléphone, la MAAF a lancé l'application "Alcootel" pour permettre de vérifier son taux d'alcoolémie avant de prendre la route. Swiss Life a préféré insister sur les risques de la prise de médicaments au volant en lançant l’application “Pharmauto”. Diminution de l’acuité visuelle, ralentissement des réflexes, somnolence... l’outil permet de connaître les effets du médicament que l’on vient de prendre.

pay how you drive 

Certains assureurs proposent des applications « pay how you drive » qui ont plus pour objectif de délivrer des informations à  l’assuré pour qu’il améliore sa conduite plutôt qu’un objectif répressif en augmentant la prime d’assurance d’un « mauvais conducteur ». L’assureur fait installer un boîtier électronique dans la voiture de l’assuré, boîtier qui analyse un certain nombre de paramètres comme le nombre de kilomètres, la fréquence d’utilisation (une fois par semaine ou tous les jours), les périodes d’utilisation (la nuit ou le jour, la semaine ou le week-end), la force appliquée aux freinages et accélérations, enfin la manière de prendre les virages. S'il est considéré prudent, il peut bénéficier d’une remise de 30 % à 50 % sur la prime annuelle de son contrat d’assurance auto. Direct Assurance avec YouDrive, Allianz avec Conduite Connectée et Société Générale Insurance avec Star Drive ont déjà investi ce marché.

Cette forme de "care" dans l'assurance doit permettre sur le long terme de diminuer les sinistres et avec eux, le montants des primes pour les assurés. Les assurés semblent prêts à prendre le virage de cette « prévention numérique ». Dans le cadre du 1er congrès de la révolution numérique en Assurance du 12 Avril, il a été réalisé par GN Research, auprès de 2215 Français, une grande enquête en ligne «  Révolution numérique et assurances ». Concernant la prévention connectée liée à l’assurance auto, 53% des Français seraient favorables à ce que leur assureur leur propose une application pour connaître les risques avant de prendre le volant (taux d’alcoolémie, etc…).

Les Français sont donc favorables à la prévention numérique, aux assureurs de prendre le virage et de faire évoluer leur offre en prévention !

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